À Kayes, les montants de la dot, parfois trop élevés, constituent aujourd’hui un obstacle majeur à l’union de nombreux couples. Entre exigences familiales, considérations sociales et interprétations culturelles, cette pratique suscite de plus en plus de débats.
De plus en plus de jeunes hommes à Kayes prennent leurs distances vis-à-vis du mariage et tardent à sortir du célibat. En cause : les montants élevés de la dot exigés par certaines familles aux prétendants souhaitant épouser leur fille.
Cette réalité contribue à prolonger le célibat, aussi bien chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes, dont beaucoup vivent encore sous la responsabilité de leurs parents.
Entre valorisation de la femme et pression sociale
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer cette hausse de la dot. Pour certains parents, il s’agit d’une manière de valoriser la femme au sein du foyer.
« De nos jours, quand un homme épouse une femme à moindre coût, il ne la prend pas au sérieux et la menace souvent de divorce. C’est pourquoi, dans notre famille, la dot est élevée. Un homme qui dépense beaucoup considère sa femme comme un trésor », explique M. Kanouté, père de famille.
D’autres estiment que la dot inclut également les biens nécessaires à l’installation de la mariée. Vaisselle, pagnes et autres accessoires sont perçus comme indispensables pour permettre à la femme de vivre dignement dans son foyer, sans dépendre de son entourage. Pour beaucoup, cela représente une source de fierté et un honneur pour la mariée.
La perception de certains religieux
Du point de vue religieux, certains leaders ne partagent pas ces pratiques. Un guide religieux de la ville rappelle que ces exigences relèvent davantage des us et coutumes que des prescriptions de l’islam.
« Le plus important dans la célébration du mariage à la mosquée est la somme versée par l’époux selon les exigences de la religion musulmane, accompagnée de colas pour sceller l’union. Le reste relève d’exagérations de la part des familles », estime-t-il.
Un frein économique pour les hommes
Du côté des jeunes hommes, le constat est sans appel : la cherté de la dot constitue un obstacle réel à l’accès au mariage.
« Quand tu n’as pas assez d’argent, ne rêve même pas de mariage. Il faut plusieurs mois d’économies. Mais où trouver une telle somme ? », s’interroge Moustapha Coulibaly, étudiant dans une école professionnelle de la ville.
Selon lui, cette situation décourage de nombreux hommes, incapables de mobiliser les ressources nécessaires pour fonder un foyer.
Des montants variables selon le statut
Les montants de la dot varient également selon le statut matrimonial de la femme. Une femme ayant déjà été mariée et divorcée peut avoir une dot à partir de 100 000 FCFA ou plus. En revanche, pour une jeune fille n’ayant jamais été mariée, la dot peut atteindre 350 000 FCFA, voire davantage, selon les familles et le milieu social.















Il est plus que temps que les gens comprennent que se marier doit être une décision mûrement réfléchie et ce temps de réflexion doit être synonyme du même temps d’épargne car rien n’est trop pour qui assurera ta progéniture et qui s’occupera de tes parents.
La légèreté des mœurs est la plus grande cause du nombre réduit des mariages, je m’excuse mais si les jeunes n’avaient nulle part pour satisfaire leur libido je pense qu’ils penseraient plus à se marier sans se soucier du coût.